La responsabilité du chef est totale

Par le colonel François Perrier

Quel point commun existe-t-il entre la victoire d’une équipe de sport, le succès d’une entreprise et l’efficacité d’une unité militaire en opération ? Il y a bien souvent un bon chef à la tête. Comment alors expliquer que la réussite d’un groupe entier soit autant liée à l’efficacité d’un seul individu ? La réponse est simple, le leadership est le facteur le plus important dans la performance de bon nombre d’entités humaines.

Le caractère 

Le chef a du caractère, il a le goût d’être responsable et d’entreprendre. Il se fixe des objectifs élevés pour lui-même comme pour ceux qui l’entourent. Il transforme sa vision en action. Il aime aussi relever les défis et surmonter les difficultés. Il a un sens poussé pour la mission, une réelle capacité d’espérance, de confiance et d’audace. Il diffuse son énergie. 

Mais commander ne consiste pas seulement à « penser grand », le chef est aussi un serviteur : serviteur de ses subordonnés, de son unité et de sa mission. Il aime ses hommes dans le sens où il souhaite profondément qu’ils réalisent le maximum de leur potentiel, personnel et professionnel. 

L’exigence 

La recherche de l’excellence est la norme des groupes performants. Si nous fermons les yeux sur de mauvais résultats sans en tirer toutes les conséquences ou chercher des pistes d’amélioration, ces mauvaises performances deviennent la norme. Un chef exigeant n’est donc jamais satisfait, il cherche toujours à rehausser le niveau de son unité et il transmet cet état d’esprit à ses hommes. 

Si nous craignons d’être exigeants, rappelons-nous que l’homme demande à progresser, à se réaliser et à déployer toutes ses qualités. Les meilleurs souvenirs de notre carrière sont bien souvent ceux où nous étions confrontés à une difficulté et où nous nous sommes surpassés. L’épreuve nous révèle que nous sommes souvent capables de ce qui semble impossible. 

L’exemplarité 

Nous commandons par l’exemple. Cela oblige le chef non pas à être le meilleur dans tous les domaines, ce qui est impossible, mais à donner le meilleur en toutes circonstances. Cette exemplarité s’exerce au quotidien, dans tous les champs, la tenue, la posture, les propos ou le professionnalisme. Le chef ne cherche pas le confort. Il ne se cache pas. Au contraire, il ose se mettre en difficulté. 

L’équilibre

Le chef doit enfin être équilibré. Il est confiant sans être arrogant, courageux mais pas téméraire, compétitif mais bon perdant, attentif aux détails sans être obsédé, humble mais pas passif, agressif mais pas dominateur, posé mais pas effacé, proche de la troupe mais capable de prendre des décisions qui déplaisent. 

Quand nous sommes mis en situation de management ou de commandement pour les militaires, notre responsabilité devient alors totale. Être convaincu de cela signifie que nous sommes prêts à assumer pleinement la charge qui nous est confiée, avec ses défis, ses revers et ses satisfactions. Une certitude, être chef est la plus belle des vocations.