Ces diplômes à la carte dont raffolent les entreprises

Par Agathe Beaudouin

Le succès de la formation par apprentissage modifie les contours de l’enseignement supérieur. Les entreprises veulent coconstruire des formations en s’appuyant sur l’expertise des établissements scolaires

Compliqué de recruter des profils de techniciens supérieurs et de niveau ingénieurs à Nîmes ? Cette réflexion, nombre de chefs d’entreprises la formulent ! Aussi, plusieurs d’entre elles contribuent aujourd’hui à la création de parcours professionnels qui correspondent à leurs besoins spécifiques. Ayant dans ses statuts -chose rare pour une université- l’objectif de proposer des formations professionnelles, l’université de Nîmes, qui compte plus d’une moitié de diplômes à vocation professionnelle dans son catalogue, proposera dès la rentrée 2023 un parcours « analyse chimique » au sein de sa licence professionnelle métier de la biotechnologie… notamment parce que la société nîmoise Phytocontrol recrute ce type de profils. Le résultat de cette conjugaison des talents universitaires et de la formation universitaire ? « L’insertion des diplômés d’une licence professionnelle est de 89% et de 87% pour nos étudiants en master après 30 mois », avance Benoît Roig, le président d’Unîmes. 

Outre l’université, certaines entreprises s’appuient sur l’Institut d’Alzon, un établissement d’enseignement privé. « À l’origine, c’est le monde équin qui nous a sollicités, témoigne Virginie Cotte, directrice adjointe de l’enseignement supérieur et directrice du Centre de formation des apprentis (CFA) à d’Alzon. Il y avait une demande de qualification professionnelle dans ce domaine. »

Diplômes pérennes

Depuis 2015, d’Alzon note une accélération de besoins. « On ne peut pas répondre à toutes les demandes des entreprises, qui se sont multipliées ces dernières années. Pour du profilage assez précis, il faut des formations adaptées, qui demandent souvent beaucoup d’espace, des outils spécifiques. Ce sont des dossiers très lourds à monter pour obtenir une formation qualifiante, donc reconnue, et des financements. Nous ne partons jamais avec une seule entreprise », affirme la responsable sur le point de concrétiser la naissance d’une licence de maintenance de matériel biomédical pour 2023, ouverte notamment à des jeunes diplômés de BTS. Un projet né d’un partenariat avec Bastide Médical, qui ne trouve pas sur le marché suffisamment de personnel formé. 

Aujourd’hui une dizaine d’entreprises se trouvent assises autour de la table de l’Institut d’Alzon pour mutualiser des financements et recruter des apprentis. Parmi les autres formations que propose l’Institut d’Alzon, un BTS Aéronautique monté avec Sabena Technics et Airbus ou encore le diplôme de technicien supérieur imagerie médicale et radiologie thérapeutique, qui a pu être validé en partenariat avec le CHU de Nîmes. 

Chaque année, entre 100 et 150 étudiants et apprentis sont ainsi formés dans le cadre de ces formations à d'Alzon. 

Ici, comme au lycée de la CCI ou à l’université de Nîmes qui propose aux entreprises de s’associer à la création de diplômes universitaires (DU) avant d’éventuellement pérenniser un diplôme, la porte est ouverte aux entreprises afin de les aider à trouver la bonne formule pour trouver rapidement des professionnels au profil adapté aux besoins locaux. 

C’est dans cet esprit qu’Emmanuel Bois, dirigeant de Thermo Fischer à Nîmes, et Jean-Michel Gay, cofondateur de TRF Retail, respectivement président et vice-président de l’association de dirigeants Leader Nîmes, se sont rapprochés d'Unîmes dans l’espoir, à leur tour, de voir créer un DU d'ingénierie.